16.12.2006
Attention à ne pas faire n'importe quoi...
Moi qui me disais qu'il fallait absolument que Sarko fasse de l'Europe un point central de sa campagne!! Je ne pensais pas à cet angle d'attaque là....
"Sarkozy veut faire de l'adhésion turque à l'UE un thème de campagne", titrait ce matin LeMonde.fr. Si Sarkozy pense que la Turquie n'a pas sa place dans l'UE et prône un "partenariat privilégié" comme alternative à l'adhésion, très bien. Sa position est plutôt pertinente surtout face aux divers blocages entre Bruxelles et Ankara. Il est vrai qu'une adhésion paraît compromise lorsque la Turquie ne reconnaît pas un des 25 membres, la République de Chypre. Ce n'est pas faute d'avoir signé le "protocole d'Ankara" qui promettait l'extension aux 10 nouveaux Etats membres de tous les accords entre les Quinze et Ankara. Malheureusement, le fait d'avoir signé cet accord, de ne pas le respecter et de refuser de reconnaître Chypre montre le manque de "maturité" de la Turquie pour une adhésion (sans ajouter la négation du génocide arménien...) Peut-être qu'Ankara ne souhaite pas assez être européen pour faire les concessions et sacrifices nécessaires. Car entrer dans l'UE n'est pas seulement profiter du marché économique européen mais c'est aussi vouloir être européen. Au moins un peu...
La Turquie a-t-elle cette volonté? Pas sûr... Dans ce cas, la proposition de "partenariat privilégié" de Nicolas Sarkozy n'est pas infondée. Par contre en faire un thème de campagne serait une erreur fatidique! Car, si Sarko prend cette position dans le cadre de la campagne, cela forcera Ségo à se positionner différemment, c'est-à-dire pour une adhésion pleine et entière de la Turquie pour 2010. Et que fera la Turquie s'il vous plaît? Elle s'engouffrera avec délectation dans nos divisions pour mieux servir son petit jeu: le chantage à l'adhésion! C'est un peu fort mais l'idée est là... Et si Ségo gagne... les diplomates français seront dans de beaux draps!
Ainsi, si Sarko veut parler d'Europe tant mieux! Mais il devrait être prudent et veiller à ne pas diviser les acteurs politiques européens et internationaux. En instrumentalisant le thème de l'adhésion turque à l'UE, Sarkozy risquerait de crisper davantage les divers communautés de France, d'Europe et du monde... Le climat géopolitique mondial est déjà assez chaotique pour que nous puissions nous permettre de diviser les gens par le communautarisme. Déjà que nos députés s'amusent à légiférer sur des choses qui ne sont pas du domaine de la loi... génocide arménien si vous me suivez... Pas la peine d'en rajouter à des fins électorales!
10:35 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
14.12.2006
Comment rendre l'UE sexy auprès des peuples européens? Une blonde pulpeuse dans un spot pour la PESD...
Hier, j'expliquais les difficultés d'existence d'une couverture médiatique de l'Europe. Pas de public européens car pas d'identité européenne... L'Europe reste institutionnelle, pas sexy, pas vendable! L'UE n'a pas de réalité pour les citoyens européens (sauf pour les agriculteurs et les cabillauds!). Il n'y a pas de débat européen entre les peuples de l'UE! En fait, pour les politiques, l'Europe est un paradis!! Car c'est une démocratie sans peuple. Diriger sans personne pour les emmerder: PARFAIT!
Ca paraît évident, il faut apprendre à se connaître... Comment créer un sentiment d'appartenance identitaire entre un Polonais et un Français? Comment rendre l'Europe sexy auprès des peuples de l'UE?
Récemment, un ami tchèque travaillant pour la défense française cherchait des idées pour donner plus de visibilité à la PESD et la rendre plus populaire. Il me proposait de faire un super clip avec une blonde super sexe! Sympa mais je crois qu'il faut trouver autre chose!
Et bien je me disais qu'il faudrait créer une blogosphère européenne. La blogosphère a créé une communauté. Certes petite mais quand même! Pourquoi ne crée-t-on pas une communauté de naunautes européens? Bien sûr, on pense immédiatement aux barrières culturelles et linguistiques. La barrière de la langue n'en serait plus une: Début octobre, Alexis Mons (Groupe Reflect) présentait la traduction simultanée par un service google (ah ce google!). Quant à la barrière culturelle, il faut lui rentrer dedans! Et puis en ce moment j'entend beaucoup parler de blog participatif etc... Pourquoi ne pas tenter l'expérience?
Si l'UE se veut apolitique depuis sa naissance, il s'avère que la vie politique à Bruxelles possède aussi ses petits complots et potins, tout comme dans les institutions nationales. Un Canard enchainé des institutions européennes traduit en plusieurs langues ne rendrait-il pas plus croustillant la vie politique européenne? On peut également imaginé un Courrier international mais ciblé sur l'UE, diffusé dans chaque pays aux étudiants et dans les entreprises. Non?
Tout ça peut paraître dérisoire mais faut-il attendre que ce lien tombe du ciel? Car, rien ne m'irrite plus que savoir que la seule culture médiatique commune en Europe c'est la culture américaine. Finalement, quoi de plus unificateur qu'une série policière made in USA? Je n'ai rien contre la culture américaine mais quand même...
00:25 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
12.12.2006
Du glamour dans les médias européens ?
Cette après-midi, en cours de socio du journalisme, nous abordions la problématique "Couvrir l'Europe". Je la fais brève. En gros, à tous les échelons de l'information (production, diffusion, réception), il est impossible de créer une info européenne puisqu’il n’existe pas de public européen. Par exemple, Euronews c'est de l'info nationale « européanisée » ou bien de l'info européenne « nationalisée ». Pourquoi? C'est là que ça devient intéressant...
Tout d'abord, il faut dire que les rendez-vous diplomatiques et autres rencontres politiques ne sont pas très glamours... Ainsi, les contraintes économiques et commerciales des médias à vocation européennes sont très lourdes. Comment faire de l'évènement avec des grands gaillards taciturnes en costumes sobres qui se serrent la pince ? Pas d'image, pas d'évènement, pas d'info...
La concurrence commerciale force les médias "européens" à monter en généralité pour toucher le plus large public possible et finalement tout ça finit en informations conventionnelles... Dur dur! Du coup, la rentabilité de ce secteur de l'info est limitée. Le budget est donc restreint, ainsi les médias à vocation européenne (vous l'aurez compris, je parle particulièrement d'Euronews) ont recours à ce que l'on appelle des « robinets » à images. Autrement dit, Reuters et Associated press : deux groupes anglo-saxons… qui vendent des images internationales plus qu’européennes.
Au registre des contraintes, il y a aussi les guerres internes des rédactions. Qui des Italiens, Britanniques, Allemands ou Français et autres arriveront à imposer leur ligne éditoriale. Si Euronews a longtemps été sous forte influence italienne, il semble que soit actuellement la GB, l’Allemagne et la France qui aient repris le haut du pavé.
Vous commencez certainement à voir où je veux en venir. Ces trois mammouths de l’Europe font la loi sur le territoire de l’UE (pour combien de temps ?) exactement comme dans les médias « européens ». Autrement dit, on retrouve dans la problématique de l’information européenne les mêmes questionnements que pour l’Europe.
Approfondissons : Lorsque les médias relatent les évènements européens, ils s’approprient et adaptent l’information aux publics nationaux. Sur la même image, le téléspectateur d’Euronews italiens n’aura pas le même commentaire que son homologue allemand. De même lorsque Eurosport arriva chez nos amis british, la chaîne a dû s’adapter au public d’outre-tombe. Oups pardon… d’outre-manche… ! Il a fallu leur mettre plus de cricket et autre rugby… Sinon c’était le flop garanti pour la chaîne !
Tout simplement, les publics de l’Union sont nationaux (j’ai l’impression d’avoir inventé le fil à couper le beurre là…) c’est-à-dire qu’il n’y a pas un lecteur européen ou un téléspectateur européen. Du coup, en européanisant un discours national, les journalistes essaient tant bien que mal de créer l’Europe. Une chaîne telles qu’Euronews tentent d’être un entrepreneur d’Europe, quand la réalité est moins sympathique !
C’est complexe car il n’y a pas de public européen. Et finalement, on assiste à une mise au ban des programmes européens car pas assez sexy ils sont. Pas de public car pas de médias européens pour faire le lien entre toutes les nations européennes et pas de nation européenne pour créer des médias réellement européens. On se mord la queue là ! (Façon de parler bien sûr…)
Finalement, on se rend compte que créer une information européenne est impossible car l'Europe c'est pas populaire (au sens ségoléniste du terme ?), mais purement institutionnel. Pas de quoi faire de la presse people !
Mais où est l'identité européenne ?? Moi je suis née avec l’Europe alors elle me semble la chose la plus naturelle et légitime… Me rendre compte qu’il n’y a pas de médias européens, ça me tue ! Du coup, je me demandais comment créer un lien entre les peuples européens. Comment faire pour que les Européens communiquent entre eux ? À part Eurovision !! Éléments de réponse demain… Suspense ;)
Quelle tartine!
23:30 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note


